Sortilège - L'amour, au-delà des apparences

Publié le par Ashtray-girl

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Sortilège

 

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Il était difficile d'attendre grand chose de l'adaptation d'un remake littéraire de la Belle & la Bête prenant pour cible la tranche estivale très convoitée des teenagers (sortie ciné en France: juillet 2011). Et, de fait, le résultat est plutôt affligeant.

 

Ce n'est pas tant le fait que le film accumule les banalités à pleurer sur le concept éculé de beauté intérieure et sur la condamnation de toute vanité excessive qui dérange, non. Les clichés passent encore. Mais le plus insupportable, c'est la narration, évoquant d'avantage un quelconque portfolio de pré-ado qu'un scénario digne de ce nom. Le fil narratif, déroulé laborieusement, sans aucune fluidité, est prétexte à quelques scènes "clés" certainement chères au réalisateur, et ne se soucie guère des transitions, quasi inexistantes, des dialogues, au mieux balourds, au pire léthargiques, ou d'une quelconque crédibilité de son histoire (des gamins livrés à eux-mêmes par un père médiatisé et un autre camé, qui twittent allègrement et connaissent néanmoins Shakespeare sur le bout des doigts, faisant l'apologie du sourire ultra-bright, du brushing Elsève et de la coolitude dans toute sa splendeur). Rien ne fleure la sincérité ou la passion dans ce ramassis indigeste qui se voulait, initialement "intelligent". En réalité, ça pue la mièvrerie à plein nez, à peine émaillée ici et là par quelques (brefs) jolis tableaux, très vite oubliés.

 

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Et que dire de la "bête"? Alex Pettyfer, nouvelle coqueluche d'Hollywood, ne dispose que d'un petit quart d'heure pour en mettre plein la vue à toutes les minettes. Néanmoins, on reconnaitra assez justement qu'il a eu la chance de tomber sur une sorcière vengeresse à la main légère. Car en fait de monstre, elle créé au mieux un gothique dans le vent, avec percings et tatouages sans doute à outrance, mais plutôt branché au demeurant. En face, la "belle" Vanessa Hudgens joue la nana fleur bleue un brin mystérieuse et super indépendante, mais qui assure que non, malgré son teint impeccable siglé Neutrogena, elle n'est pas populaire. A d'autres. Perdus dans la tourmente, Neil Patrick Harris et Lisa Gay Hamilton suscitent quelques rares moments de drôlerie et d'émotion.

 

Comble de l'horreur, l'utilisation de morceaux tels que Transatlantism des Death Cab for Cutie pour habiller cette farce adolescente. Ouch.

 

En bref, une relecture ratée du conte de Perrault, si cher à mon coeur, et un film qui ne brille en rien, ni par une quelconque originalité, ni par une mise en scène inspirée, ni par un jeu un tant soit peu convaincant. Deux probables explications: ou le film est vraiment raté, ou j'ai pris un sacré coup de voeux, malgré moi. Dans tous les cas: navrant.

 

Sortilège, un film de Daniel Barnz, en DVD le 9 novembre 2011. Distribué par la Metropolitan Filmexport.

 

 

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Publié dans Les DispEnSabLEs

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