Funny People

Publié le par Ashtray-girl

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funny peopleFunny people fait partie de cette catégorie de films dont le titre s'avère trompeur quant à son contenu. Funny people, s'il traite effectivement du "rire" et de ces show-men en devenir ou parvenu, stars montantes ou établies du stand-up, n'a en substance pas grand chose de risible, ni de follement divertissant. Tout simplement parce que Funny People est moins une comédie qu'une dramadie.

 

Plus habitué aux productions bien barrées tendances humour lourd, Judd Apatow s'essaye ici à un exercice plus périlleux, surtout pour un homme de sa trempe, à savoir le film dit "profond". Il tente par le biais de son sujet casse-gueule au possible de faire preuve d'un soupçon de maturité, et fait montre d'une belle réflexion sur les dessous du milieu artistique à L.A., à travers une galerie de personnages pas piquée des vers, incarnés par la "bande Apatow", les irréductibles fidèles du réal'.

En cela, les habitués - dont je ne fais pas partie - du bonhomme vont sans doute déchanter s'ils s'attendent au grand n'importe quoi burlesque habituel. Car le propos, ici, se révèle considérablement plus sombre qu'un Knocked Up, par exemple. 

 

Funny People s'attache à une parenthèse dans la vie de son personnage principal, George Simons (Adam Funny peopleSandler), qui se trouve dans un état de mort imminente, tant physiquement qu'artistiquement, son état de santé se répercutant évidemment sur sa créativité et son humour coutumier. C'est dans ce contexte qu'il se trouve confronté à la jeune génération d'aspirants show-men, parmi lesquels Ira Wright (Seth Rogen), qui va devenir, pendant sa traversée du désert, son assistant. Un assistant qui aura fort à faire entre les exigences de Simons, type passablement éxécrable dont la cote est en baisse, et ses débuts balbutiants dans l'univers du stand-up, difficile exercice qui nous est présenté tout au long du film sous diverses facettes. 

 

Judd Apatow parle en connaissance de cause. Lui-même issu de ce milieu difficile, il maîtrise son sujet sur le bout des doigts, et parvient à insuffler une certaine solennité à son récit, qui oscille constamment entre drame pur et comédie lourdingue. Funny peopleSon propos aurait sans doute fait mouche si - et là, c'est un avis complètement personnel - le tout n'avait pas été sabordé par un langage d'une vulgarité écoeurante, par des vannes toutes plus salasses et incompréhensibles les unes que les autres, qui entretiennent d'avantage l'ennui et le dégoût que l'empathie et l'intérêt. Clairement, j'ai peiné à m'attacher à ce ramassis d'humoristes pas drôles se regardant le nombril et parlant sans cesse de leur queue et de leurs balloches, ponctuant chacune de leurs réparties abrutissantes d'allusions sexuelles sans la moindre finesse, dégradant consciencieusement ce que la seconde d'avant la photographie de Janusz Kaminski avait sublimé jusqu'à rendre la scène poétique. Une poésie parfaitement mise en image, sublimant des plans qui sans le regard acéré de Kaminski n'auraient été que transitoires et plats, mais dont les dialogues et le traitement sans cesse sur le fil du graveleux plombe littéralement, contaminant jusqu'à ses interprètes les plus prometteurs.  Ainsi, si Seth Rogen paraît bien moins balourd que dans le précédent Apatow, la délicieuse Leslie Mann, qui illumine complètement le film, finit par sombrer elle aussi dans le portnawak.

Funny people 

Au final, ce qui s'avérait prometteur s'est révélé être une véritable épreuve, affublé par-dessus  le marché d'une floppée de bonus dans la lignée du film, tous plus pénibles les uns que les autres pour quelqu'un qui, comme moi, n'adhère pas du tout à la "patte" Apatow: bêtisier, scènes coupées, allongées, alternatives, répliques à gogo, passages entiers des films pas drôles de Georges Simons... Des compléments sans doute collectors pour les fans, mais qui n'ont fait que m'achever, en ce qui me concerne. Seul le documentaire en quatre parties, sorte de journal de bord de Judd Apatow, se révèle plutôt intérressant, dans la mesure où il lève le voile sur la mécanique de la bande turbulente aux commandes du film, et sur les aspirations profondes et autobiographiques du réal' concernant Funny People. Un complément qui mériterait sans doute d'avantage d'être vu en préambule du film, tant il éclaire sur la démarche d'Apatow et consors et plante d'emblée le décor.

Funny people 

Une grosse décéption à mon niveau, donc, pour un film que j'anticipais plus profond et subtil, et dont l'apparente balourdise aura eu raison de mon indulgence, même si affleurent, ça et là, de très beaux moments, hélas trop furtifs. Je le conseille néanmoins aux fans, qui trouveront là matière à être surpris par leur réal' fétiche. Pour les autres, à vous de voir si vous supporterez le vocabulaire "bite-couilles-chiottes" deux heures durant... Passé ce cap, l'histoire parviendra peut-être à vous toucher.

 


  Funny people

*Indice de satisfaction: 1etoile.jpeg (+)

 

*2h20 - américain - by Judd Apatow - 2009

 

*Cast: Adam Sandler, Seth Rogen, Leslie Mann, Jonah Hill, Jason Schwartzman, Eric Bana, Aubrey Plaza...

 

*Genre: J'fais rire avec mon penis... Sans blague!

 

*Les + : Une belle tentative, pas complètement ratée, de réflexion un rien mature de la part d'Apatow, sublimée par la photographie inspirée de Janusz Kaminski. Seth Rogen et Leslie Mann portent le film. La bande originale est géniale. 

 

*Les - : Trop balourd, trop vulgaire, trop abscons, trop Apatow...

 

*Lien: Fiche Film Cinétrafic

 

*Crédits photo: © Universal Pictures International

 


Funny People

 

Un film de Judd Apatow avec Adam Sandler et Seth Rogen.

 Distribution : Universal Pictures

 

Fiche produit Boutique Universal

 

Date de sortie : 25/05/2010

Publié dans Les DispEnSabLEs

Commenter cet article

pinksataniste 24/06/2010 12:13



Les critiques sont toutes extrêmes. Je redoute d'avoir à te croire. Si je ne me trompe pas, Appatow est bien responsable de "40 ans toujours puceau", qui, comme ici apparemment mais dans une
moindre mesure, tentait de concilier "lourdeur" et "sensibilité". Le mélange était assez indigeste, ça ne fonctionnait de nulle part. Restait l'intention. C'est peu, parfois, une jolie intention.



Ashtray-girl 24/06/2010 17:14



Tu résumes assez bien mon ressenti, pinksataniste...



2flicsamiami 20/06/2010 23:04



Un film qui me fesait envie mais tu vient de me refroidir.



Ashtray-girl 21/06/2010 16:57



Matte-le quand même, s'il te passe sous la main, on ne sait jamais. Mon opinion recouvre une aversion profonde pour les blagues salaces
lourdingues et le langage un peu trop trash, mais ça ne veut pas dire que chez toi ça occultera ce qu'il y a de bien dans le film...