Very Bad Trip - Ils sont venus. Ils ont bu. Ils ne se souviennent plus...
Viva Las Vegas!
Dernière tentative en date de poilade collective autour d'un thème déjà maintes fois usité - l'enterrement de vie de garçon - The Hangover, affublé d'une traduction française anglaise (quelle ironie) très moyenne mais apparemment bien plus évocatrice, semble avoir la prétention de secouer un peu le genre et, mieux encore, semble avoir les moyens de pourvoir à son ambition. Mais on sait que les apparences sont souvent trompeuses.
Bilan mitigé de la soirée.
"A une nuit qu'on est pas prêts d'oublier"
Le postulat de départ, contenu dans cette tirade annonciatrice des pires catastrophes, est riche de promesses. Quatres potes aussi différents qu'on peut imaginer (le coincé de service, le doux-dingue sévèrement secoué, le play-boy à la manque et le futur marié un brin crispé) s'apprêtent à enterrer "dignement" la vie de garçon de Doug, qui se fait passer la corde au cou dans 48h. Ils sont à Las Vegas, ville de tous les possibles, la Sin City de l'ouest américain. En clair: c'est la débandade assurée. On trinque, on se promet une soirée de folie, inoubliable...
...et l'on retrouve nos joyeux drilles le lendemain matin, dans un penthouse dévasté, résultat apocalyptique d'une nuit que l'on pressent plus agitée qu'elle n'aurait dû. Premier gros moment d'enthousiasme. On exulte face à l'étendue des dégâts. L'anticipation de leurs souvenirs à venir est jubilatoire. D'autant plus lorsque l'on s'aperçoit que eux ne se souviennent absolument de rien, et que Doug, le futur marié, a tout bonnement disparu. Commence alors un laborieux jeu de piste pour tenter de rassembler les bribes éparses de leur nuit de débauche.
Là, on commence à patauger dans la semoule. Si l'idée première de Todd Phillips (à qui l'on doit le déjà douteux Road Trip) était de provoquer une certaine empathie à l'égard de nos trois pauvres bougres se déménant à la recherche de la vérité, alors, dans une certaine mesure, il a réussi son pari. Sauf que ce n'est pas vraiment ce qu'on lui demande pour un film pareil, duquel on est en droit d'attendre une cascade de gags plus ou moins limites, une enfilade de quiproquos savoureux, une salves de dialogues hilarants. Mais non. A la place, comme Phil, Stu et Alan, on galère grave.
Pourtant, les ingrédients sont bel et bien là, prêts à faire monter la sauce. Le tigre dans la salle de bain, le bébé sur le pas de la porte, le petit chinois sniffé à la coke, le mariage à la sauvette, Mike Tyson qui chante du Phil Collins, la voiture de flic fauchée sur une avenue, etc... Hélas, de la somme de tout ceci, on n'aura droit qu'à quelques soubressauts salvateurs, mais insuffisants. De même, le mauvais goût parasite parfois des scènes dont la drôlerie aurait mérité de s'exprimer autrement. C'est soit mal dosé, soit inadapté,comme cette scène incroyable au comissariat avec la démonstration du taser: fendard, mais échoué au beau milieu de nulle part. Dans tous les cas, le scénario ironiquement trop cadenassé (il aurait gagné à partir en roue libre) accuse de sévères baisses de régime tout au long du film. Dommage.
"Je crois que c'est râpé"
The Hangover n'est pas, en soi, un film raté. Plutôt un film dont le frein à main serait
coincé. Sur la retenue. Au lieu de la débandade promise, on a droit à des errements d'un comique relatif, qui ne parviennent pas à trouver leur souffle.
Ceci étant, on doit reconnaître l'exceptionnel potentiel du trio de tête: Bradley Cooper, Ed Helms et Zack Galifianakis se démènent comme de beaux diable, formidables, paumés de chez paumés, mais toujours le bon plan en poche. Ils apportent toute la saveur à ce very bad trip, jouant sur leurs différences, mettant en avant leur immaturité totale. Et ça fait mouche, les trois quarts du temps.
La fin pâtie d'un irrésistible besoin d'imposer une morale à l'ensemble, quand cette fois encore, tout aurait mérité de partir en vrille, à l'image de la chanson "Candy Shop", délicieusement décalée par rapport à la scène en question, qui ne fera pas d'étincelles non plus...
...jusqu'au générique. Une minute de pur délire, version diaporama. Enfin, en l'espace de quelques secondes, toute la lumière est faite sur cette folle nuit oubliée, et sur le pourquoi du comment. Un diaporama irrévérencieux, totalement barré, over limits. Génialissime. Et, là, on se prend à regretter que The Hangover n'est pas été juste un diaporama.Peut-être pour The Hangover 2, déjà prévu pour 2010?
EN BREF:
*Indice de satisfaction: ![]()
*1h30 - Americain - by Todd Philipps - 2009
*Cast: Bradley Cooper, Ed Helms, Zack Galifianakis, Justin Bartha, Ken Jeong, Heather Graham...
*Genre: Nuit de folie
*Les + : Un cast génial (Bradley Cooper explose!), des trouvailles drôlissimes.
*Les - : Trop bridée, trop retenue, la sauce ne prend pas complètement. Justin Bartha n'est hélas pas assez à l'écran.
*Liens: Fiche Film Allociné
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*Crédits photo: © Warner Bros. France