Rien comme Harry Potter

Publié le par Ashtray-girl7


"Welcome Home, Harry..."


"Le moins que l’on puisse dire, c’est que les fans de la saga initiée par la géniale J.K. Rowling n’auront pas été épargnés dans la lutte opposant leurs héros aux forces des ténèbres. Ainsi, tandis que Harry & cie s’apprêtent à se battre contre le tout-puissant Voldemort, leurs officionados auront eu à subir la dictature du profit et une attente inutilement longue. De quoi sombrer dans l’aigreur, indéniablement. Au-delà de ses planifications pécunières, la Warner a tout de même tenté un sacré coup de poker : alors même que les aventures du sorcier aux lunettes rondes ont d’ores et déjà pris fin avec le 7ème tome parut courant 2007, repousser la sortie du 6ème volet au cinéma leur a ainsi permis d’évaluer le degré d’intérêt pour la franchise filmique. Et force est de constater que la Warner n’a pas fini de se frotter les mains de convoitise…

Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé
 

Harry Potter et le Prince de Sang MêléAprès l’annonce, quelques semaines à peine avant la première date officielle programmée, du report de la sortie en salles de HP6, la colère prédominait. Clairement. J’étais même résolue à boycotter le film en salles et à télécharger illégalement toute copie qui me passerait sous la main. L’écoeurement était à son comble, tandis que l’irrespect des majors par rapport aux fans était à son comble. Cette fois, plus encore que d’habitude, j’ai eu la désagréable sensation de n’être qu’une vache à lait dans le paysage cinématographique, maillon perdant de la chaîne industrielle du 7ème art. Et j’étais bien décidée à ne pas me laisser avoir si aisément. Las ! C’était sans compter sur la force de mon addiction à la saga, et sur le besoin quasi irrépressible de voir la suite, sur grand écran, calée dans un fauteuil en velours. Bref, le temps a passé, la colère s’est dissipée – même si le ressentiment reste – et l’attente, après avoir été pénible, est redevenue fiévreuse. Alléchée par la bande-annonce prometteuse, augurant d’une adaptation sans faille du 6ème tome, je ne pensais plus qu’à ce moment délicieux où je me retrouverais à l’avant-première, entourée de mes amis les plus fondus, compressée dans une file d’attente extatique, prête à m’asseoir parterre dans le cas où il n’y aurait plus assez de places assises en salle. Jétais de nouveau prête à tout pour embarquer à bord du Poudlard Express avant tous les autres…

 

Mon enthousiasme à peine entamé par l’absence totale d’avant-première (cet opus semble définitivement condamné à être celui de toutes les décéptions), je me retrouve, le jour de la sortie, comme prévu, dans un hall bondé, malgré les cinq séances précédentes Harry Potter et le Prince de Sang Mêléprogrammées dans la journée de mercredi et qui ont, à n’en pas douter, affiché carton plein. Les fans et autres curieux sont au rendez-vous. Un peu partout, les conversations où pointe l’excitation se mêlent dans un brouhaha discipliné. Le film commence dans une vingtaine de minutes et, déjà, les ouvreurs laissent passer le flot de spectateurs trépignant d’impatience. Certains courent littéralement en direction des portes de la salle 7. Malgré notre belle avance, mes potes et moi sommes désappointés de constater, une fois dans la salle, que celle-ci est d’ores et déjà bien remplie, et qu’un nombre équivalent s’apprête à débouler à notre suite d’un instant à l’autre. Nous sommes sept. Pas faciles à caser donc. De guerre lasse, après avoir veinement cherché un rang acceptable, nous nous retrouvons dans le bas des gradins, 3ème rang. L’écran va nous sembler très, très proche. Mais tant pis. Le quart d’heure qui s’enssuit est un véritable capharnaüm, tandis que les ouvreurs font déplacer les gens pour caser tout le monde. Beaucoup de groupes se retrouvent éclatés, et l’on est forcé de cohabiter avec le voisin d’à côté, avec plus ou moins de bonheur. L’événement est assez significatif, à Orléans du moins, pour être mentionné. La salle est bondée, et l’on se prend à se demander s’ils n’ont pas vendu plus de places que la capacité d’accueil ne le leur permet. Mon voisin de droite annonce nonchalament à sa compagne que la seule chose qui l’interesse, c’est de savoir comment ********** meurt, à la fin. Il s’en réjouit d’avance. Je lève les yeux au ciel, agacée que les lumières ne s’éteignent pas, tandis que le projectionniste envoit les bandes-annonces. De New-Moon et de District 9, on ne distinguera les images qu’à contre-jour, alors que les derniers retardataires sont casés tant bien que mal par les ouvreurs, visiblement excédés. Et puis, enfin, les lumières s’éteignent, nous plongeant dans l’obscurité toujours particulière qui précède les HP : parcourue de murmures, chargée d’impatience. Nous sommes prêts à passer de l’autre côté.

 

Harry Potter et le Prince de Sang MêléJ’ai beau ne pas être une grande fan de la Warner, le WB en lettres massives qui envahit l’écran au creux de nuages orageux a quelque chose de majestueux. Je retiens mon souffle, tandis que, deux ans après l’Ordre du Phénix, le visage de Daniel Potter Radcliffe apparaît. Ça y est. On y est. Et c’est déjà magique. La salle, ce soir, est plutôt très récéptive, et à plusieurs reprises, les éclats de rire fusent ça et là, dans une bonne humeur contagieuse, en réponse aux facéties des jeunes larrons de Poudlard. L’atmosphère est bon enfant, et l’on sent nettement que le film captive, durant les scènes clés du Prince de Sang Mêlé. L’émerveillement opère toujours, tandis que se déploie sous nos yeux, avec une belle maîtrise, un univers pas si éloigné du nôtre, où la magie prend enfin corps avec le quotidien. Elle n’a plus rien de hors du commun, mais quelque chose de familier, de coutumier, qu’il fait bon de retrouver. Pour ma part, j’ai l’impression d’être de retour " à la maison ". Par moments, j’ai la sensation de revenir en arrière : j’ai de nouveau 15 ans, et je découvre pour la première fois sur grand écran l’univers cent fois imaginé du monde des sorciers décrit par J.K. Rowling. Je renoue avec la sensation de béatitude mâtinée d’envie qui m’avait saisie alors. Le temps passe, mais c’est toujours aussi savoureux, comme une Bièrraubeurre partagée entre amis.

 

Harry Potter et le Prince de Sang MêléLe film passe comme un rêve, les 2h30 sont avalées sans y penser, et je suis surprise que l’on en soit déjà là, à la fin, tant redoutée. La chape de silence qui tombe sur l’assistance à cet instant est impressionnante. Plus un chuchotement. Plus un murmure. Ça et là, le bruit de reniflements attristés, gênés peut-être. On a la sensation que l’assemblée de spectateurs se recueille à l’unisson. C’est fort, et appréciable.
Puis le générique arrive, vite, bien trop vite, et les lumières se rallument, comme une conclusion amère à cet opus trop vite visionné. J’aimerais être à un concert et crier " encore ! ". Mais non, il faut retourner à la réalité.
J’ai à peine le temps de me remettre de mes émotions, diverses, que je prends conscience de la vitesse vertigineuse à laquelle la salle s’est vidée. Visiblement, nous n’avons pas la même capacité de réadaptation au réel…

 

Au final, une belle tranche de magie, qui opère toujours savamment, et donne envie de plonger dans un de ces livres pour ne jamais plus en sortir. Car rien, rien comme Harry Potter ne nous transporte si aisément ailleurs, là où le quotidien est définitivement plus fun."

Critique, à suivre...

Publié dans Ashtray's chronicles

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Commenter cet article

Jérémy 27/09/2009 13:47


C'est marrant, malgré le fait que j'ai grandit depuis la sortie du premier film, je ressens comme toi la même impatience à chaque sortie. =D
Ce sixième volet est à mon goût pas irréprochable mais la magie continue d'opérer sur moi... et c'est tant mieux car c'est plus pour très longtemps ^^


Ashtray-girl 28/09/2009 12:08


C'est ce qui me frappe le plus concernant la saga, le fait que, malgré les nombreux défauts des adaptations sur grand écran, la "magie", elle,
demeure, et continue d'envoûter et de transporter... Même si ce voyage génère quelques gros regrets, chaque fois.


Eric 26/07/2009 22:45

Je ne partage pas ton enthousiasme, je me suis même carrément ennuyé devant cet objet cinématographique :s très déçu !