Terminator: Renaissance

Publié le par Ashtray-girl7

Terminator RenaissanceRetour vers le futur

Quatrième opus de la saga Terminator initiée en 1985 par James Cameron, Terminator:Renaissance a pour vocation de donner un second souffle à la franchise, tombée en désuétude depuis le Soulèvement des Machines en 2003.

N'ayant pas eu le temps de plonger dans les trois premiers volets avant de voir le dernier né de la saga, c'est donc en totale néophyte que je vous livre mon avis sur le film de McG.

Chaud devant!



Apocalypse Now


C'est dans un futur apocalyptique que nous plonge McG, dés les toutes premières minutesTerminator Renaissance du film. Après un générique estampillé Skynet, et une introduction sous haute tension concernant le personnage de Marcus Wright dans le couloir de la mort, on entre dans le vif du sujet. En 2018, la guerre fait rage entre les survivants du Jugement Dernier et l'armée d'acier de Skynet. Dans un décor de fin du monde, où la poussière tournoie sans jamais sembler se poser, John Connor guide les résistants.

Le premier choc est visuel: l'environnement aride, ce soleil de plomb, et la poussière, toujours, et le sable, à perte de vue... La première séquence est absolument époustouflante, et McG démontre bien son savoir-faire  lors d'une scène d'anthologie en hélicoptère. La caméra semble ne jamais cesser de se mouvoir, fluide, suivant l'action au plus près, témoin actif de cette guérilla technologique. Et l'exploit se reproduira pour chaque séquence mettant en scène les machines de Skynet. La maîtrise de l'action est indéniable, et toute l'équipe s'en est donné à coeur joie: ça pétarade de partout, entre explosions et volées de tirs, lance-roquettes et mitraillettes en premier-plan. Entre courses-poursuites en camion, motos, hélicos, intrusion chez l'ennemi, champ de mines, et tout le bazar, pas le temps de souffler. L'action est menée tambour battant. Côté pyrotechnie, le contrat est rempli, donc.
La vision de Los Angeles post-apocalypse est elle aussi saisissante. La reconstitution d'une ville-fantôme, amas de ruines encore en feu, est plutôt bien rendue, de même que cette idée d'anéantissement de toute "vie". Plus rien ne palpite en ces lieux, et le souffle manque. C'est bel et bien la fin d'une ère.
Bref, les décors sont convaincants, les effets spéciaux à leur maximum, et l'action présente à 200%. Quid des personnages?

Humains vs. Machines

Commençons par le prophète, John Connor. Incarné par un Christian Bale habité (on comprend mieux, au regard du film, qu'il ait pété une durite sur le tournage), à fleur de peau, teint buriné et volonté en acier trempé, le chef de la résistance répond aux critères d'un meneur admiré: charisme, présence, intégrité. Cet homme en a à revendre, et l'on sent qu'il a le pouvoir de faire bouger les choses. La niaque. Je regrette évidemment de ne pas avoir mieux saisi toutes les nuances du personnage, n'ayant que de faibles connaissances sur l'histoire de base. Néanmoins, si John Connor est indéniablement la pièce maîtresse de la lutte contre Skynet, il n'est en rien le point vers lequel tous les regards convergent dans cet opus...

Terminator Renaissance
Place au véritable héros de ce Terminator: Renaissance, j'ai nommé Marcus Wright. Là encore, je regrette de ne pas avoir plus d'infos sur le personnage, même si celui-ci est bien plus développé dans le film. C'est lui  l'important. D'abord, parce qu'il est le premier à mettre la main sur celui que Connor cherche avidement: Kyle Reese. Ensuite, parce qu'il possède un terrible secret, qu'il ignore lui-même (mais que, grâce à une bande-annonce foireuse, tout le monde saisi bien avant lui): ayant donné son corps à la science juste avant son exécution en 2003, Marcus Wright a été "modifié" par Skynet. Dés lors, il est le premier specimen hybride a être créé: mi-homme, mi-machine. Un pont entre les deux ennemis. Un antagonisme dérangeant. Une menace autant qu'un espoir. Le personnage est interressant car loin d'être lisse, porteur de nombreuses blessures intérieures, en quête d'une deuxième chance pour racheter ses fautes passées. D'ailleurs, de ces fautes, j'aurais aimé apprendre plus. on peine à croire, en voyant Marcus, qu'il est mérité d'atterrir dans le couloir de la mort, tant il s'avère pétri de principes moraux irréprochables. En cela, dés le départ, il est un paradoxe, avant même sa transformation.

Premier constat: cette incursion dans l'hybride mêlant l'homme à la machine sert aussi de pont idéologique. Car, si les robots de Skynet sont clairement dépourvus de conscience incluant l'exercice de sentiments, on peut s'interroger aussi sur l'aliénation des résistants humains, qui, pour certains d'entre eux, commencent à ressembler aux machines qu'ils combattent si ardamment. Le combat les déshumanise peu à peu, et c'est cet alien, ce mélange des genres qu'est Marcus Wright qui en fait ressortir toute la pertinence. Au fond, on ne trouvera nul de plus humain que lui dans cet opus, quand bien même il n'est plus fait que de chair et de sang...

Terminator RenaissanceAutre constat: si le film se concentre indéniablement d'avantage sur Marcus Wright que sur John Connor, l'attention du spectateur sera sans nul doute hâppée d'avantage par la prestation de Sam Worthington que par celle de Christian Bale. Non pas que Bale n'assure pas dans le rôle de Connor, mais la surprise Worthington est définitivement plus réjouissante que la prestation toujours satisfaisante de Bale. Un acteur à suivre, indéniablement.

Je regrette aussi que le reste des personnages aient été si peu développés. Ainsi, on passera rapidement sur les personnages de Kyle Reese (très bon Anton Yelchin, vu récemment dans Star Trek), de Star (adorable Jadagrace) et de Kate Connor (Bryce Dallas Howard qui, pour le coup, fait de la figuration). Le personnage de Blair Williams (Moon Bloodgood) s'en tire un peu mieux, mais à peine plus. En clair, si McG cartonne côté adrénaline et grandes explosions, la psychologie des personnages, qui aurait assurément dûe être plus creusée dans cet opus pour lui accorder l'épaisseur nécéssaire, n'est pas définitivement pas son fort. Laissé de côté, les acteurs de cette bataille futuriste ne suscitent autant d'émotion que de parfaits inconnus jetés dans la mêlée: on compatit, mais à peine.

I'll be back

Terminator: Renaissance s'avère un efficace film de science-fiction, faisant la part belle aux action-heros et aux gun-fights. Mais, pour la néophyte que je suis, l'intérêt s'est arrêté là. Si l'envie d'en savoir plus sur les personnages de cette sombre épopée reste indéniable après visionnage, la décéption prime quand même sur le reste. A mon sens, pour conférer une légitimité à un combat, il faut se focaliser d'avantage sur ceux qui le mènent. McG aurait dû en prendre compte plutôt que de tenter un rapprochement un peu singulier avec Transformers. Du moins, c'est mon ressenti. Pour ce qui est des habitués de la saga, apparemment, bon nombre de clins d'oeil ont été disséminés ça et là au coeur du film. Mais cela suffira-t-il à les convaincre? A vous de me le dire...
J'espère une suite plus fouillée pour les deux autres opus en préparation. D'ici là, je ne manquerais pas de faire mes devoirs en visionnant la génèse de la saga Terminator.



EN BREF:

*Indice de satisfaction:

*1h48 - Américain - by McG - 2009

*Cast: Christian Bale, Sam Worthington, Bryce Dallas Howard, Anton Yelchin, Moon Bloodgood, Helena Bonham Carter...

*Genre: The end is nigh

*Les +: Maîtrise visuelle indéniable, action à couper le souffle, ambiance efficace... Sam Worthington au top.

*Les - : Une galerie de personnage laissée à l'abandon, un manque d'attachement aux motivations des héros, peu de psychologie...

*Liens:
Fiche-film Allocine
             Terminator: Salvation

*Crédits photo: © Sony Pictures Releasing France

Publié dans Les EntrE-dEuX

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